La protection intégrée des récoltes contre les insectes

Céréales à paille
Année de publication 2020
  (mis à jour le 03 avr 2020)
Source :  RMT Quasaprove
Auteur :  Francis Fleurat-Lessard (INRA) 
Réferences : 
Salon Tech & Bio à Bourg-lès-Valence, 20 septembre 2017
pic récolte inra

Conférence : Triage et stockage sécurisé des récoltes à la ferme - Améliorer la maîtrise de la qualité sanitaire par la prévention

Parmi les principaux dangers biologiques qui menacent la qualité sanitaire des grains après la récolte, l’infestation des stocks par les insectes est le plus préoccupant, en particulier lorsqu’il s’agit d’attaques de ravageurs primaires à formes larvaires cachées à l’intérieur des grains (comme les charançons).

Les colonies de ces différentes espèces d’insectes granivores sont établies à demeure sur les lieux de stockage et parce que les infestations ne peuvent être efficacement contrôlées par les produits insecticides autorisés, les stocks de grains et graines ‘bio’ risquent d’être infestés après une période de conservation de plus de 6 mois après la récolte. L’application rigoureuse des stratégies de protection intégrée (PI) permet, dans la plupart des cas, de contrecarrer la prolifération des insectes au cours d’un stockage de longue durée.

La PI repose sur la combinaison de méthodes, moyens et mesures de prévention sous forme d’un plan de maîtrise basé sur quatre actions à appliquer aux différentes étapes d’une campagne de stockage :

1. – Le nettoyage et l’assainissement des locaux, cellules, installations et matériels de manutention après leur vidange complète avant la période des récoltes.

2 – La mise en oeuvre de méthodes physiques : i/ inhibant la multiplication des insectes (ex. : ventilation de refroidissement) ; ii/ réduisant les niveaux d’infestation visibles (ex. : par nettoyage et triage des grains avant mise en cellule de stockage ou pendant le déstockage) ; iii/ empêchant la survie des insectes présents dans les grains à la récolte (ex. : stockage en big-bag étanche sous atmosphère inerte).

3 – L’utilisation d’outils et systèmes de surveillance continue des insectes circulant ou de l’activité des larves cachées dans le grain, avant qu’elles ne donnent naissance à des adultes (tubes-pièges et sondes acoustiques) permettant de fixer des seuils d’intervention (avec des procédés physiques).

4 – La possibilité d’utiliser quelques produits de traitement de « rattrapage » lorsque les infestations n’ont pas été maîtrisées par les actions préventives (comme la terre de diatomées).

L’application pratique, les différents matériels disponibles et l’intérêt comparé des principaux outils et procédés à combiner dans le plan de PI des stocks de grains seront détaillés en suivant dans les interventions des autres experts, complétées par les témoignages de deux professionnels du stockage et de la conservation des productions de grandes cultures en AB.