Produits phytosanitaires dans les grandes cultures en Suisse: utilisation et risque pour les eaux de 2009 à 2018

Grandes cultures / Polyculture-élevage
Année de publication 2020
  (mis à jour le 13 aoû 2020)
Source :  Recherche agronomique suisse
Auteur :  Baan L., Blom J. F., Daniel O.
Réferences : 
11, 162-174, 2020
agroscope eau

Depuis 2009, l’emploi des produits phytosanitaires (PPh) dans les grandes cultures est répertorié chaque année dans le cadre du monitoring agroenvironnemental de la Suisse. Ces relevés ont permis de calculer la quantité de substances actives appliquée par culture de 2009 à 2018 et de déterminer la quantité de substances actives utilisée dans les grandes cultures sur l’ensemble du territoire en s’appuyant sur les surfaces cultivées spécifiques à chaque culture. Le potentiel de risque de cette utilisation de PPh pour les eaux de surface a été analysé à l’aide du modèle SYNOPS.

L’utilisation d’herbicides et de fongicides dans les grandes cultures n’a cessé de diminuer pendant cette période. En ce qui concerne les insecticides, l’huile de paraffine, substance active utilisée sur les pommes de terre, représentait la majorité des applications. En excluant l’huile de paraffine, la quantité d’insecticides employés a également diminué depuis 2012. Le potentiel de risque affichait une tendance constante pour les herbicides, une tendance décroissante pour les fongicides et une tendance croissante pour les insecticides. Lorsque les effets des exigences de réduction des risques imposées lors de l’homologation des produits étaient également pris en compte dans le calcul, tous les potentiels de risque diminuaient, dans certains cas de manière significative.

Au cours de la période étudiée, le spectre des substances actives de PPh disponibles et utilisées dans les grandes cultures a évolué. Il s’est avéré que certaines substances actives, bien qu’appliquées en plus petites quantités, pouvaient être à risque, tandis que d’autres, bien qu’appliquées en plus grandes quantités, ne représentaient qu’un faible potentiel de risque pour les eaux de surface. L’étude montre que dans les grandes cultures, le potentiel de risque pour les eaux de surface a évolué au cours de la période étudiée, principalement en raison du choix des substances actives de PPh et du nombre accru de restrictions d’application imposées en lien avec l’homologation. Une analyse des risques dans les cultures spéciales nécessite une base d’informations plus importante. Un relevé plus large, un meilleur accès et la numérisation croissante dans l’agriculture pourraient contribuer à créer une base de données représentative de toutes les cultures à l’avenir.