Risques de contamination des compartiments de l’environnement

Vigne
Cultures légumières
Cultures tropicales
Horticulture – PPAM
Arboriculture
Année de publication 2014
  (mis à jour le 03 déc 2019)
Source : 
Risques de contamination des compartiments de l’environnement

Les quantités de pesticides appliquées en zones agricoles représentent environ 90 % du total utilisé en France.

Notions de pollution et de contamination

Le terme pollution désigne "l’introduction directe ou indirecte, par suite de l’activité humaine, de substances ou de chaleur dans l’air, l’eau ou le sol, susceptibles de porter atteinte à la santé humaine ou à la qualité des écosystèmes aquatiques ou des écosystèmes terrestres, qui entraînent des détériorations aux biens matériels, une détérioration ou une entrave à l’agrément de l’environnement ou à d’autres utilisations légitimes de ce dernier. La contamination atteint un niveau seuil où elle produit des dommages, des déséquilibres ou des effets nocifs et interfère avec le bien-être des organismes vivants" (Directive Européenne 2000/60/CE du 23 octobre 2000).

Le terme contamination désigne "la présence anormale de substances, de micro-organismes, d’objets, ou d’êtres vivants. Cette notion s’applique historiquement et dans l’ordre aux micro-organismes, puis aux substances radioactives" (BRGM, 2000).

Les processus de contamination des milieux (eau, air, sol) par les pesticides sont extrêmement variés et nombreux et s’effectuent par transfert depuis le milieu d’application essentiellement par phénomène diffus ou depuis un lieu de manipulation (transport, stockage, remplissage, nettoyage, gestion des déchets,…), dans ce cas essentiellement par phénomène ponctuel.

Cette contamination ne peut toutefois pas être assimilée à une pollution, qui ne sera effective que si l’existence d’une toxicité intrinsèque des pesticides épandus, combinée à un certain niveau de concentration et de persistance dans le milieu récepteur, conduit au dépassement d’un seuil d’effets pour les organismes ou les fonctions non visés.

Risques pour les compartiments air, eau et sol et les organismes non cibles

Des études menées par les laboratoires de la surveillance de la qualité de l’air ont démontré la contamination des eaux de pluie par les pesticides en raison de leur dispersion dans l’atmosphère, lors des applications, jusqu’au cœur des agglomérations urbaines (Delaunay et al., 2010). Le sol peut également constituer sur le long terme, une source de recontamination lorsque l’érosion entraîne la dissémination dans l’air ou l’eau des produits infiltrés même s’il n’existe pas de consensus scientifique sur l’importance de cette voie de contamination (Phyt’Air, 2007).

Par ailleurs, certaines substances peuvent former des résidus liés dans les sols, dont le comportement et les effets à long terme sont difficiles à prévoir.

Les molécules contenues dans les produits phytopharmaceutiques peuvent être à l’origine de perturbations au sein des écosystèmes contaminés, de par leurs effets toxicologiques potentiels sur les organismes non cibles. Ces impacts sur la biodiversité ont été étudiés principalement par rapport aux pratiques agricoles. Dans le cas des organismes du sol, l’impact potentiel des pesticides dépend de divers paramètres environnementaux tels que le type de sol et la température, qui influent sur la persistance, la disponibilité et la toxicité des pesticides ainsi que sur le métabolisme microbien (Beulke&Malkomes, 2001).

Enfin, dans de nombreux cas, la contamination de l’environnement est liée non pas aux substances épandues mais à certains de leurs produits de dégradation (métabolites), dont le comportement environnemental (mobilité, persistance) et les propriétés écotoxicologiques sont généralement peu connus.