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Groupe Fermes DEPHY polyculture-élevage de Haute-Saône

Grandes cultures / Polyculture-élevage Céréales à paille Colza Cultures fourragères / Prairies Cultures intermédiaires Maïs grain / Sorgho Soja Tournesol
Autonomie alimentaire
Diversification et allongement de la rotation
Mélanges variétaux
Régulation biologique et biocontrôle
Année de publication 2019
  (mis à jour le 02 déc 2022)
Carte d’identité du groupe
Groupe
Structure de l'ingénieur réseau
Chambre d' Agriculture de la Haute-Saône
Nom de l'ingénieur réseau
Céline BELUCHE
Date d'entrée dans le réseau
2011
12
Nombre d'agriculteurs dans le groupe.
Présentation du groupe

La quasi-totalité des exploitants volontaires du groupe est situé dans le Pays Graylois, dans l’ouest du département de la Haute-Saône. Ce territoire concentre de nombreux captages d’eau potable dont la qualité de l’eau est dégradée par les phytosanitaires (captages classés prioritaires au SDAGE). Les exploitations sont en majorité de type polyculture-élevage, avec atelier bovin laitier ou allaitant, et avec plusieurs parcelles dans des bassins d'alimentation de captages prioritaires. L'enjeu y est bien de réduire l'usage et l'impact des produits phytosanitaires, principalement des herbicides. Les 3/4 des membres du groupe initial ont été renouvelé en 2022. La ferme du lycée agricole Vesoul Agrocampus est membre du groupe DEPHY depuis le début en 2011.

 

Cultures principales : céréales à paille, colza, maïs, tournesol, soja, légumineuses fourragères

Spécificités du groupe : produire en zone de captage d'eau potable et limiter les herbicides

Lycées partenaires : Vesoul Agrocampus (lycée agricole de Vesoul/Port sur Saône)

Le regard de l'ingénieur réseau :

Le groupe DEPHY 70 a été créé en 2011, renouvelé en 2022, et regroupe des exploitations céréalières et en polyculture élevage.

Les systèmes de cultures présents dans le groupe DEPHY sont très représentatifs de ceux rencontrés dans le département. Les exploitants cherchent tous à diversifier leur assolement pour gagner en autonomie alimentaire des troupeaux, être plus résilient face aux aléas climatiques, et réduire la pression phytosanitaire.

Toutes les exploitations, hormis la ferme du lycée agricole, sont engagées dans un projet expérimental 2022-2026 de paiement pour services environnementaux, porté par la collectivité territoriale du Pays Graylois, dans les captages prioritaires de son territoire. Ce projet combine l'amélioration de la biodiversité sur les fermes, l'allongement de la rotation et la réduction de l'usage des engrais azotées et des herbicides.

Projet collectif et résultats du groupe

Diminuer les phytosanitaires pour protéger les captages d'eau potable

Trouver des solutions agronomiques durables pour maintenir la qualité de la ressource en eau et la fertilité des sols.

Thématique principale du groupe

  • Diversification et allongement de la rotation :

Ce levier est le principal à mettre en place pourrépartition des cultures du groupe en 2021 réduire l'utilisation des phytosanitaires. Sur les exploitations du réseau, les surfaces de légumineuses fourragères, de méteils, de soja, de tournesol et de chanvre se développent.

Ces cultures à faible niveau d'intrants participent idéalement à l'alternance des familles de cultures et à leur saisonnalité, culture d'hiver /culture de printemps.

Les sécheresses à répétition, les dégâts de gibier et les problèmes chroniques de S-métolachlore et de bentazone dans les eaux restent les freins principaux pour l'essor des cultures de printemps, mais les rotations courtes sont désormais rares. Les cultures dérobées progressent pour gagner en autonomie alimentaire des troupeaux, ainsi que l'intégration de cultures fourragères à faible niveau d'intrants, luzerne, trèfle, silphie.

  • Travail du sol :

Précédemment, le groupe comprenait des adeptes de l'agriculture de conservation qui se sont regroupés dans un groupe 30000. Les nouveaux membres du groupe renouvelé en 2022 sont à l'inverse fervents de l'appui du travail du sol et notamment du labour dans la gestion des adventices.

  • Choix variétaux :

Une partie du groupe travaille sur les mélanges variétaux surtout sur la culture de blé. Les variétés très peu sensibles aux maladies sont largement utilisées.

  • Produire du colza différemment :

Plus fort IFT de leur rotation, accentuation de l'impact des ravageurs, préservation des abeilles, ont conduit les exploitants à adapter la conduite du colza par différents leviers pour le maintenir dans leur sole : variété tolérante au sclérotinia, mélange avec variété précoce, semis précoce, plantes compagnes gélives, désherbage de post-levée,  fertilisation automnale...

Autres thématiques travaillées par le groupe et pistes innovantes explorées collectivement

  • Biocontrôle et biostimulant :

 Des expérimentations ont eu lieu avec des produits de biocontrôle et biostimulants pendant 4 années. Les résultats sont assez proches des solutions chimiques classiques dans certaines conditions, mais le prix de ces produits reste très élevé et leur efficacité moindre lors de fortes contaminations.

  • Déprimage du blé par les ovins :

A la ferme du lycée agricole, en sortie d'hiver 2022, les moutons ont pâturé un blé au stade tallage. Une classe d'élèves a évalué ensuite l'impact sur le tallage du blé, le nombre d'épis, le nombre d'adventices au m² et le rendement en comparaison à l'autre partie de la parcelle non pâturée. Les résultats montraient un meilleur tallage, plus d'épis au m² et moins d'adventices sur le blé déprimé par le troupeau d'ovins, ainsi qu'un léger gain de rendement.

Résultats du groupe :

Des disparités importantes d'IFT réduction des IFT par ferme en 2021 par rapport à 2016entre fermes du groupe sur la période 2016 à 2021: certaines sont parvenues à réduite l'IFT total, d'autres l'ont augmenté.

En 2021, certaines fermes, qui avaient un IFT parmi les plus élevés en 2016, ont réalisé une réduction importante de leur IFT total. A contrario, les fermes qui avaient déjà un IFT bas se retrouvent dans les légères augmentations d'IFT de 2021.

 

 

graphique de l'évolution des IFT par ferme 2016 à 2021

 

  • Une difficulté à baisser les IFT herbicides de manière importante, avec une moyenne et médiane à 1,5 IFT herbicide. Les solutions agronomiques sont indispensables pour faire baisser cet IFT (rotations, intercultures, cultures associées...) mais elles ne sont pas toujours suffisantes dans tous les cas. Le matériel de désherbage mécanique en CUMA (bineuse et roto étrille) est encore peu utilisé, car les fenêtres de passage sont courtes et le matériel n'est pas adapté à tous les types de sol.
  • Des baisses d’IFT Hors Herbicides plus importantes et plus faciles à gérer. Dans ce domaine, la rotation et la gestion de la fertilisation sont les leviers agronomiques indispensables à mettre en place. Ensuite, des observations de cultures et une bonne analyse de risques à la parcelle permettent de réduire les passages de fongicides et d’insecticides. L’utilisation d’outils connectés comme des stations météo permet aussi d’améliorer l’utilisation des phytosanitaires.

 

Evolution globale depuis 2016 :

Depuis 2016, on note une diminution générale des IFT, en moyenne de moins 15%.

graphique de l'évolution des IFT de 2016 à 2021Certaines exploitations ont des évolutions très intéressantes en terme d'IFT. Sur ces exploitations, la combinaison de nombreux leviers a été de mise pour y parvenir (allongement de la rotation, biocontrôle, observations et parfois désherbage mécanique).

D'autres exploitations montrent des évolutions moins marquées, fluctuantes selon les années. Dans ces systèmes, on retrouve des rotations moins longues (avec moins de cultures de printemps) et une plus faible utilisation des produits de biocontrôle.

Tous les agriculteurs du groupe renouvelé en 2022, sauf la ferme du lycée agricole, sont engagés depuis cette même campagne dans un vaste projet de paiement pour services environnementaux, porté par la collectivité du Pays Graylois sur les aires d'alimentation de captage d'eau potable. Les enjeux de ce projet portent sur une amélioration de la biodiversité des exploitations, l'allongement des rotations, et la limitation des engrais azotés et des herbicides. Ce dispositif doit permettre de financer la prise de risque sur les systèmes d'exploitation et peut-être permettre de diminuer encore l'IFT herbicide, enjeu majeur de la filière grandes cultures et polyculture élevage.

Témoignage de la structure : 

« En faisant le choix d’accompagner deux réseaux d’agriculteurs dans le cadre du dispositif DEPHY, la Chambre d’agriculture de Haute-Saône affirme son soutien à l’innovation dans les exploitations agricoles du département, à la démarche de groupe et à la mise au point de systèmes de culture économes en produits phytosanitaires et performants économiquement. »

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