Soumis par Anonyme (non vérifié) le mer 26/07/2017 - 16:29

Photo d’en-tête : Pulvérisation d’argiles sur arbre pour lutter contre le Psylle du poirier - © La Pugère   Informations issues initialement du Guide pour la conception de systèmes de production fruitière économes en produits phytopharmaceutiques (2014) / Fiche technique n°13 . Pour en savoir plus : Voir lien   Principe   Cette technique de biocontrôle permet, par pulvérisation, d’appliquer une fine couche d’argile calcinée sur le végétal afin d’établir une barrière minérale protectrice. Il s’agit d’une action préventive qui perturbe le bioagresseur ciblé à certaines périodes de son cycle. Il existe différentes hypothèses quant aux modes d’action mis en œuvre : - perturbation de la reconnaissance de la plante hôte par la couleur blanche que donne l’argile aux arbres ou aux organes cibles. - barrière physique et modification des conditions du milieu affectant la biologie de l’insecte. Ses déplacements sont perturbés par les particules, l’insecte est gêné pour pondre, respirer et se nourrir.   Technique   La technique consiste à pulvériser une fine couche d’argile calcinée sur le végétal sec et en conditions de vent faible. Il est nécessaire d’agiter la bouillie tout au long du traitement pour rester en suspension ainsi que d’adapter les conditions d’application (concentration adéquate, au maximum à 3 pour mille, pression de travail inférieure à 10 bars, type de buses…). En outre, le volume de bouillie doit permettre un bon mouillage mais sans atteindre le point de ruissellement.   Un pulvérisateur adapté à la pulvérisation d’argiles avec pompe à membrane ainsi que des buses en céramique (plus résistantes dans le temps) sont recommandés pour la mise en œuvre de cette technique.   Le moment opportun d’intervention dépendra du bioagresseur ciblé. Pour cela, cette technique doit s’appuyer sur des outils d’aide à la décision (OAD) tels que le piégeage et l’observation visuelle des bioagresseurs pour contrôler leur présence et positionner les traitements.   L’utilisation d’argiles représente un levier principal pour plusieurs bioagresseurs dont la mouche de l’olive (Bactrocera oleae) sur olivier, la mouche de la cerise (Rhagoletis cerasi) sur cerisier, le psylle du poirier (Cacopsylla pyri) sur poirier, la cicadelle verte (Empoasca vitis) sur vigne à raisin de table et la mouche du brou (Rhagoletis completa) sur noyer.   Cette méthode est aussi un levier complémentaire ou a un effet barrière physique sur d’autres nuisibles tels que les cicadelles vertes sur clémentinier, la mouche méditerranéenne (Ceratitis capitata) sur variétés tardives de pommier et clémentinier, le vecteur de l’Enroulement Chlorotique de l’Abricotier (ECA) (Cacopsylla pruni) sur abricotier, prunier et pêcher (à valider en conditions d’exploitation sur le pêcher).   En agriculture biologique, les argiles ont un effet complémentaire sur les niveaux de population des pucerons migrants et non migrants. Des travaux menés sur puceron vert du pêcher et sur puceron cendré du pommier ont montré une réduction de l’intensité des foyers. Des travaux menés à la SEFRA et au GRAB ont montré un effet partiel sur la Drosophila suzukii. Mais les fruits (cerises) restent souvent marqués à la récolte et sont impropres à la consommation sauf si l’épiderme est lavé. Exemple de mise en oeuvre : • Contre mouches sur olive (3-4 passages min.) et cerise (1 à 2 passages max.) Il faut traiter dès l’observation des premières mouches (piégeage) en fonction des conditions climatiques (temps chaud et sec très défavorable au ravageur). Un renouvellement est nécessaire dès l’apparition de zones du fruit non couvertes ou après lessivage par la pluie ou érosion par le vent. Un dernier positionnement 15 jours avant récolte est conseillé pour limiter le marquage des fruits.   •Contre la mouche du brou sur noyer (3-4 passages) Il faut traiter dès l’observation des premières mouches (piégeage), puis faire une deuxième application 8 jours après la première et renouveler en fonction du lessivage par la pluie.   •Contre le psylle du poirier (1 à 3 passages en hiver et 0 à 4 en saison) Il faut réaliser des applications hivernales visant la première génération, issue de la ponte des femelles hivernantes : le positionnement est avant le début de la ponte des femelles hivernantes avec un renouvellement jusqu’au débourrement selon la pluviométrie et la présence d’adultes dans l’environnement du verger (contrôle par battage). Il est aussi possible de réaliser des applications en saison visant la 2e génération et les suivantes. Ces applications post-florales (avant la ponte de la 2e génération avec un renouvellement tous les 8 à 10 jours selon l’apparition de nouvelles feuilles) ne seront préconisées que si la G1 n’a pu être contrôlée (présence de miellat pendant la floraison). Le dernier positionnement doit être de l’ordre de 30-40 jours avant récolte pour limiter le risque de marquage des fruits.   •Contre le vecteur de l’ECA (1-2 passages sur prunier et abricotier) Traiter avant le retour des insectes sur les arbres (avant le débourrement des bourgeons) et jusqu’à la fleur. Renouveler les traitements en fonction du lessivage sur bois de 2 ans. Il est inutile de couvrir systématiquement les pousses de l’année, C. pruni piquant dans le bois de 2 ans..   •Contre cicadelles vertes Sur raisin de table : des applications sont faites dès l’apparition des larves de cicadelles, à renouveler en fonction du lessivage. Le dernier positionnement est avant la fermeture de la grappe pour limiter le marquage des fruits. Sur clémentinier : des applications sont faites dès l’apparition des premiers adultes dans les pièges chromatiques (souvent fin octobre-début novembre en Corse), à renouveler en fonction du lessivage. Sur cette espèce fruitière, les argiles sont parfois appliquées jusqu’à la récolte si un nettoyage est possible en station de conditionnement.   •Contre la mouche méditerranéenne Une seule application est faite avant maturité (au pire à R – 21 j) en fonction du niveau de piégeage. Le délai entre l’application et la récolte est fonction des capacités de lavage et de brossage des fruits en station de conditionnement.   •Contre les pucerons migrants - à l’automne : le positionnement des traitements est avant les vols de retour des pucerons ou le plus tôt possible en fonction des dates de récolte pour des espèces se récoltant à l’automne. Plus l’intervention est tardive, plus il y a de pontes déjà réalisées. - Au printemps : limiter l’installation des fondatrices et des colonies secondaires.

URL
http://www.geco.ecophytopic.fr/geco/Concept/Appliquer_D’argiles_(kaolinite_Calcinee)