Soumis par Anonyme (non vérifié) le lun 28/11/2016 - 15:49

Photo d'en-tête; auteur :Dirk Ingo Franke ; licence :(CC BY-SA 2.0)   Principe : Stratégie de lutte physique contre les adventices qui consiste à appliquer un choc thermique à une température élevée (par flamme directe ou infrarouge) et sur une durée d’exposition très  faible (3 à 5 secondes) entraînant ainsi l’éclatement des cellules végétales. Il s'agit d'une technique alternative à l'utilisation de glyphosate durant l'interculture.   Moyens de mise en œuvre et conditions pour une meilleure efficacité : Pour l’ensemble des cultures le brûlage est généralement  fait  avant le semis ou en pré-levée. Les adventices doivent être germées et en cours de développement pour être atteintes (entre stade cotylédons et quatre feuilles vraies).  Le désherbage thermique est valable pour toutes les adventices. Cependant, pour les monocotylédones, les vivaces et les adventices ayant un point végétatif au ras du sol (adventices en rosette), l’efficacité est limitée quand le stade est développé. Dans ce dernier cas, deux passages plus rapides sont plus efficaces qu’un passage lent. Pour une efficacité optimale, il est préférable d’intervenir lorsqu’il n’y a plus de rosée. Le sol peut être humide mais il ne doit pas y avoir de vent.   Matériel : On distingue trois types d'appareils de désherbage thermique : Système de Rampes (exposition des adventices aux flammes) : le désherbage thermique à flamme nue agit en réchauffant les tissus végétaux, sans provoquer leur combustion. La température obtenue doit être supérieure à 95 – 100 °C et maintenue pendant au moins 0,1 secondes.   Four (utilisation de rayons infra rouges) : Pas de contact direct entre flamme et végétation avec ce système. L’efficacité est la même, la consommation d’énergie est minimisée, mais le prix du matériel est supérieur. Projecteur de vapeur (utilisé en zones non agricoles).   Dans ce système, les appareils fonctionnent au propane (car il a une pression de 6 bars à 0 °C, facilitant ainsi son utilisation.). ils sont munis de brûleurs à allumage commandé et sécurisé et alimentés en phase gazeuse ou liquide soit par des bouteilles de gaz propane classique ou par une citerne sécurisée et fixée à l’avant du tracteur. La phase liquide  permet  d’obtenir directement et d’une manière constante une puissance  importante  et  une  vitesse d’avancement plus rapide mais il y a plus de risques de bouchage et de risques pour l’utilisateur. Dans ce système on utilise un brûleur phase liquide à évaporateur (plus puissant et plus constant, mais, de par sa complexité, il est plus coûteux en énergie et en coût de maintenance) En phase gazeuse, si la demande est trop forte au niveau des gicleurs, le liquide n’aura pas le temps de se mettre en gaz ce qui entraînera la formation de givre rendant l’appareil très rapidement inopérant. Généralement des vitesses d’avancement et de risques pour l’utilisateur plus faibles. Ici on utilise un bruleur à phase gazeuse à double aspiration (permet d’obtenir une flamme de 1400 °C ; il est moins coûteux à l’achat et en maintenance)   Réglages : Il est important de bien régler l’appareil et la vitesse d’avancement. Cette dernière est à adapter suivant le type d’appareil. Hauteur de rampe : les brûleurs doivent être positionnés à environ 15 cm du sol. Le but est d’ajuster la hauteur afin que la flamme bleue atteigne les adventices. La vitesse d’avancement : dépend de la machine utilisée et du stade de développement des adventices. Plus les adventices sont développées, plus il faudra de la chaleur et donc réduire la vitesse. Vérification des réglages : presser la feuille de l’adventice entre les doigts ; après relâchement, la marque du doigt doit être visible. Si ce n’est pas le cas, l’efficacité est insuffisante et il faut réduire la vitesse d’avancement. Si au contraire la feuille est roussie ou si elle fume, la vitesse d’avancement peut être augmentée. Exemple de mise en oeuvre : Sur soja : un désherbage thermique à la levée et au plus tard au stade cotylédons fermés (fenêtre de 1 à 2 jours), puis un passage herse étrille au stade 2 feuilles unifoliées et enfin un passage en combinaison binage de linter-rang et brûlage dirgé vers la base des plantes au stade 3-4 feuilles du soja (dans ce cas le faux-semis est facultatif). Exemple tiré de la fiche ITAB (cf. bibliographie). Sur oignon : possibilité d'intervenir en culture, au stade crosse, puis du stade chute de la première feuille au début de la bulbaison (Voir fiche technique 19 du Guide de conception Légume)

URL
http://www.geco.ecophytopic.fr/geco/Concept/Pratiquer_Le_Desherbage_Thermique