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Polyculture - Elevage du Boischaut Nord

Légumineuses Grandes cultures / Polyculture-élevage Céréales à paille Colza Cultures fourragères / Prairies Cultures porte-graine Maïs grain / Sorgho Protéagineux Tournesol
Désherbage mécanique/thermique
Diversification et allongement de la rotation
Stratégie de couverture du sol
Travail du sol simplifié/non labour
Année de publication 2019
  (mis à jour le 23 oct 2020)
Carte d’identité du groupe
Groupe DEPHY du Boischaut Nord
Structure de l'ingénieur réseau
Chambre d'agriculture de l'Indre
Nom de l'ingénieur réseau
Astrid MORDON
Date d'entrée dans le réseau
2016
12
Nombre d'agriculteurs dans le groupe.
Présentation du groupe

Le groupe DEPHY du Boischaut Nord est un réseau de douze agriculteurs engagés dans la démarche de réduction de l'usage des produits phytosanitaires depuis 2016. Ce groupe est situé principalement dans le Nord-Ouest de l'Indre, il est accompagné par la Chambre d'agriculture locale. Les agriculteurs de ce réseau ont des productions assez différentes les uns des autres : ce groupe est composé de 5 céréaliers et 7 éleveurs. Il y a notamment trois éleveurs caprins qui font de la transformation fromagère avec de la vente directe sous des AOP (Selles-sur-Cher et Valençay). Le groupe compte aussi un éleveur porcin avec transformation, vente directe et méthanisation (premier méthaniseur du département, en fonctionnement depuis 2010) et deux éleveurs de bovins lait. Le groupe accueille également l'exploitation du lycée agricole de Châteauroux qui a deux ateliers d'élevage : un de bovins allaitants (Charolaise) et un d'ovins (race locale à faible effectif). Le groupe s'intéresse principalement à la gestion des adventices sous des angles divers (labour, travail du sol simplifié, agriculture de conservation des sols, désherbage mécanique). L'objectif est de trouver des solutions pour réduire l'IFT Herbicide dans des situations très contrastées (sols drainés ou non, sols limoneux ou argileux...), le tout en ayant une approche vis à vis des sols et des couverts (entrée en zone vulnérable en 2017)

Visite d'une parcelle de méteil d'une ferme du réseau avec test bèche et notation sur la pression adventices
Visite d'une parcelle de méteil d'une ferme du réseau avec test bèche et notation sur la pression adventices

 

Cultures principales :  Colza, Blé, Orge

Spécificités du groupe : Groupe mixte céréaliers - éleveurs

Lycées partenaires : Lycée Agricole de Châteauroux

Partenariats locaux : CIVAM de Valençay, GIEE Agroferti36, Groupes 30 000 sur la diversification des cultures (CA36 et Villemont)

 

Le regard de l’ingénieur réseau :

Le Groupe DEPHY du Boischaut Nord a été créé en 2016 par mon prédécesseur. Arrivée début 2017, mon premier objectif a été de comprendre les attentes de chaque agriculteur et du groupe, certains ne se connaissaient pas avant la création de ce groupe.  En partant à leur rencontre, j’ai eu l’occasion de découvrir des agriculteurs ayant des pratiques différentes mais tous motivés pour réduire les herbicides. En effet, les courtes rotations céréalières pratiquées dans l’Indre ont peu à peu créé des populations de ray-grass et vulpin multi résistants.Face à des charges très importantes en désherbage associées à un prix de vente des céréales faible et l’entrée en zone vulnérable à l’automne 2017, ces agriculteurs cherchent des solutions pour améliorer leur système.

Aujourd'hui après 3 ans de travail, je me rends compte de l'importance de ce genre de groupe. En effet, je peux m'appuyer sur les expériences individuelles et collectives pour agrémenter mes propos auprès de d'autres groupes d'agriculteurs que j'accompagne et notamment les groupes de développement. Cela me permet d'inciter les autres agriculteurs à revoir leurs méthodes et leurs points de vue. Travailler et réfléchir avec les agriculteurs du groupe DEPHY me force à me remettre en question et à m'améliorer en tant qu'animatrice et comme conseillère technique. Pour chaque réunion, chaque rendez-vous que j'organise, je m'efforce de donner le meilleur pour atteindre les objectifs que les agriculteurs se sont fixés. J'entretiens et je ravive la motivation si besoin. Je peux m'appuyer sur eux lorsque j'ai besoin de retrouver de la motivation. Etre ingénieur réseau DEPHY donne un véritable sens à mon métier de conseillère agronomie et aux raisons qui m'ont poussé à faire ce métier.

Je sais également que j'ai maintenant affaire à une équipe d'agriculteurs qui malgré leurs différences (entre ceux qui se lancent en agriculture de conservation des sols et ceux qui achètent des herses étrilles...) arrive à tirer partie de toutes les expériences et témoignages pour avancer. Je les considère comme des agriculteurs avant gardistes et volontaires sur la réduction des produits phytosanitaires. Aujourd'hui, il me semble, que pour eux, DEPHY c'est plus qu'un sigle, c'est un engagement et une volonté collective de faire bouger les choses.

Témoignage de la structure :

La Chambre d’Agriculture a toujours oeuvré auprès des groupes pour améliorer les performances techniques économiques et environnementales. Naturellement , dès 2011, la décision à été prise d’accompagner un 1er groupe DEPHY dans la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires. Ce nouveau groupe créé en 2016 est représentatif des enjeux que notre agriculture doit résoudre. Nous comptons beaucoup sur ses travaux pour les partager avec les autres groupes DEPHY et l’ensemble des agriculteurs que nous accompagnons.

Projet collectif et résultats du groupe

Gérer les adventices en réduisant les charges et en intégrant les obligations réglementaires de la directive nitrates

 

Principales thématiques du projet collectif 

Le projet collectif s'organise autour de la thématique suivante : Gérer les adventices en réduisant les charges et en intégrant les obligations réglementaires de la directive nitrates

  • Diversification et allongement de la rotation, il s'agit d'introduire deux nouvelles cultures à minima dans les rotations céréalières pour réduire la pression adventices et donc l'utilisation d'herbicides. Pour les fermes d'élevage, l'objectif est de jouer sur la complémentarité de cet atelier pour intégrer des cultures à vocation fourragère et diversifier les cultures de la sole en limitant la surcharge de travail.
  • Travail du sol simplifié / Non Labour, l'objectif est de raisonner le travail du sol avec une approche plus globale du système (type de sol, contraintes, cultures, biologie et reconnaissance des adventices) jusqu'au système d'agriculture de conservation des sols pour certains.
  • Désherbage mécanique / thermique par la mise en place d'intervention de binage et de herse étrille sur les cultures dès que les conditions sont favorables, le but étant de réduire l'utilisation d'herbicides.
  • Stratégie de couverture du sol, respect de la zone vulnérable par la mise en place de CIPAN pour les futures cultures de printemps et du verdissement par l'implantation de couverts SIE. démarche de prospection sur l'agriculture de conservation des sols et travail sur la compréhension des sols pour retrouver une cohérence agronomique entre cultures, couverts et travail du sol.

 

Autres thématiques travaillées par le groupe et pistes innovantes explorées collectivement

  • Fertilité des sols : à travers des profils culturaux, de la formation, des analyses de sols et des test bèches
  • Mélanges variétaux : travail sur les mélanges de variétés en céréales (blé et orge) pour limiter l'utilisation de fongicides et garantir une productivité et une qualité plus stable (PS, Protéines)
  • Associations de cultures : réflexion en élevage sur les associations de cultures pour sécuriser l'implantation de cultures fourragères et travail sur les mélanges céréales - protéagineux à récolter en immature.

 

Résultats du groupe

Evolutiion de la moyenne des IFT des agriculteurs du groupe
Evolution de l'IFT du groupe depuis l'entrée dans le réseau DEPHY

 

Le groupe a mené des travaux d'expertise des sols avec la mise en place régulière de test bèche, de profils culturaux ou au télescopique pour mieux appréhender leur outil de travail. Cette méthodologie est maintenant bien ancrée dans la dynamique du groupe et permet de discuter du travail du sol et de la conduite générale de ceux-ci (fertilisation, recalcification). Un livret a été crée pour diagnostiquer son sol.

Pour aller plus loin, le groupe mène régulièrement des ateliers de reconception de système de cultures en fonction des besoins des membres. L'objectif est  de replacer le sol au coeur des discussions et d'appréhender au mieux les problématiques de chacun avec les moyens dont ils disposent. Cela peut amener à des situations d'entraide pour du matériel notamment. Il s'agit également de raisonner le travail du sol par rapport à des objectifs agronomiques réfléchis (structure du sol, gestion des adventices, exigence d'enracinement de la culture). Deux fermes ont par ailleurs entamé une démarche d'agriculture de conservation afin de préserver les sols de leurs exploitations qui sont des sols limoneux fragiles et avec des parcelles en pente sujette à l'érosion.

Le groupe a également travaillé sur le désherbage les deux premières années au travers de notations désherbage en commun. Une fiche de notation a été crée dans ce sens. L'objectif était de faire prendre conscience aux agriculteurs du groupe de leurs différences concernant leurs tolérances aux adventices et de les faire évoluer positivement. Par ailleurs, il s'agit également de prendre du recul sur la situation, de voir quels autres leviers aurait pu être mis en place et se projeter pour une meilleure gestion des adventices dans la parcelle. En faisant ce travail en groupe, l'agriculteur qui reçoit le reste du groupe se confronte à d'autres points de vue et peut se rassurer et se remettre en question progressivement.

Pour aller plus loin, le groupe s'appuie sur les expériences individuelles de chacun et ainsi que de l'accompagnement individuel dont il peut bénéficier. L'objectif est de trouver des alternatives à l'usage des herbicides en fonction du système de cultures et des contraintes et possibilités. C'est pourquoi 4 des 12 agriculteurs ont investi dans du matériel de désherbage mécanique (herse étrille, bineuse...) tandis que deux autres ont privilégié la concurrence pour la lumière avec une couverture permanente des sols.

La majorité des agriculteurs ont introduit une à 2 nouvelles cultures minimum (cultures pérennes, cultures de printemps ou d'été...) afin de diversifier leur assolement et pouvoir agir sur plusieurs leviers (période de semis, travail du sol, matières actives, désherbage mécanique...)

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Astrid Mordon
Ingénieur Réseau - Chambre d'agriculture de l'Indre
02 54 61 61 45