Groupe DEPHY 53 prairies et cultures économes
Les membres du groupe DEPHY du CIVAM AD 53, constitué en 2011 et ayant évolué en 2016 puis 2021, ont choisi un levier très efficace pour réduire l’utilisation de pesticides : l’herbe. C’est le levier prioritaire sur lequel les éleveurs vont échanger et assoir leur système.
Cultures principales : Prairies, Maïs, Mélanges céréaliers
Spécificités du groupe : Systèmes herbagers pâturants, avec 70% de systèmes Bio
Le regard de l'ingénieur réseau :
En système herbager, le maïs peut être un bon complément énergétique à l’herbe. En rotation avec des prairies, sa surface cultivée est moindre dans ce genre de système. Cela facilite ainsi sa conduite, notamment la lutte contre les adventices grâce au désherbage mécanique. Entre réflexions agronomiques et zootechniques, les éleveurs vont échanger sur la place à lui donner dans leur système.
Enfin, en cherchant l’autonomie alimentaire, les éleveurs limitent également leurs consommations directes, mais aussi indirectes de pesticides, au travers notamment de ceux utilisés pour produire les aliments achetés à l'extérieur.
Le système herbager pour réduire les intrants
Le développement de systèmes plus herbagers constitue un levier essentiel pour réduire les intrants tout en renforçant l’autonomie et la résilience des exploitations.
Thématiques principales du groupe
Accroître l’autonomie alimentaire du troupeau
L’objectif est de valoriser au maximum l’herbe par une meilleure gestion du pâturage et de réduire la place du maïs dans le système fourrager. En s’appuyant davantage sur les ressources produites sur l’exploitation, les éleveurs limitent les achats d’aliments et diminuent leur dépendance aux marchés extérieurs.
Réduire voire supprimer les produits phytosanitaires
Une réflexion est menée sur la place du maïs en système herbager et sur l’adaptation de son itinéraire technique pour limiter les traitements. Le remplacement des céréales pures par des mélanges céréales–protéagineux, moins consommateurs de phytos, permet également de sécuriser les rendements tout en réduisant les intrants.
Autres axes de travail
Améliorer la viabilité économique
La réduction des charges opérationnelles (alimentation, phytos, engrais) contribue à consolider les marges et à sécuriser les résultats économiques.
Améliorer la vivabilité
Des systèmes plus herbagers peuvent permettre de mieux répartir le travail sur l’année, de limiter les pics d’activité et d’améliorer le confort et le bien-être au travail.
Le groupe DEPHY Mayenne, constitué majoritairement d’éleveurs biologiques, s’inscrit naturellement dans cette dynamique. Leurs systèmes, largement basés sur l’herbe, favorisent déjà une forte réduction, voire l’absence, de produits phytosanitaires. Ce choix technique permet de préserver les sols, de limiter les risques de transfert de polluants et ainsi de contribuer à la protection de la qualité de l’eau, un enjeu essentiel pour tous.
Résultats du groupe ( issus des données comptables des membres du groupe )
Nous travaillons avec les éleveurs du groupe DEPHY Mayenne ainsi qu’avec d’autres éleveurs du département sur la réduction des intrants, en particulier à travers le développement de systèmes plus herbagers.
Il est également pertinent d’analyser l’évolution des surfaces en herbe sur plusieurs années, afin d’observer les dynamiques engagées et de mesurer l’impact des changements de pratiques.
Les données présentées dans ces graphiques correspondent aux dernières données comptables disponibles des exploitations du groupe, prêtes et exploitables pour l’analyse.
Ares d'herbe / UGB/an du groupe DEPHY Mayenne en 2024 et années antérieurs

Tendance générale
On observe globalement une progression entre 2021 et 2024, avec des niveaux élevés en 2023 et surtout en 2024.
Plusieurs exploitations atteignent ou dépassent :
100 ares / UGB en 2024 (ex : 103, 117),
d’autres sont proches de 90–100 ares.
Cela traduit une augmentation de la surface en herbe disponible par animal.
Ce que cela signifie
Renforcement du caractère herbager des systèmes
Potentiel accru d’autonomie alimentaire
Moins de pression sur les cultures annuelles (maïs notamment)
Capacité à sécuriser l’alimentation face aux aléas climatiques
La progression vers des niveaux supérieurs à 100 ares/UGB montre une volonté claire d’orienter les systèmes vers davantage d’herbe structurante.
Fourrages pâturés en % ration annuelle UGB/an du groupe DEPHY Mayenne en 2024 et années antérieurs

Tendance générale
On observe une variabilité selon les exploitations, mais plusieurs progressions marquées :
En 2024, plusieurs atteignent : 64 %,77 %,57 %,..
Certaines exploitations ont augmenté fortement entre 2021 et 2024 (ex : passage autour de 50 % vers 65–77 %).
Interprétation
Cela montre :
Une meilleure valorisation du pâturage
Une gestion plus fine des rotations et du chargement
Une diminution probable des fourrages stockés et des concentrés
Lorsque le % pâturé augmente en parallèle des ares d’herbe/UGB, cela signifie que l’herbe supplémentaire n’est pas seulement présente,elle est réellement valorisée dans la ration
C’est un point très positif.
Lecture croisée des deux indicateurs
Globalement, entre 2021 et 2024 :
Les surfaces en herbe par UGB augmentent
La part du pâturage progresse dans plusieurs exploitations
Cela confirme une évolution vers des systèmes plus herbagers et plus autonomes.
Cela va dans le sens :
de la réduction des intrants (moins de maïs, moins de phytos),
d’une meilleure préservation des sols,
d’un impact positif potentiel sur la qualité de l’eau,
d’une meilleure maîtrise des charges alimentaires.
Points marquants
2024 semble être une année de consolidation du modèle herbager.
Certaines exploitations montrent une forte cohérence entre surface disponible et valorisation.
Il existe encore une hétérogénéité entre fermes → potentiel d’échanges techniques au sein du groupe
Témoignage de la structure :
Le CIVAM AD 53 a pour vocation d’accompagner les éleveurs souhaitant produire du lait en utilisant au mieux l’herbe et ainsi contribuer à diminuer l’impact environnemental de la production laitière. C’est pourquoi le CIVAM AD 53 trouve tout à fait logique de relever le « DEPHY » en accompagnant un groupe d’éleveurs dans différentes actions qui permettront de réduire leurs IFT, tout en conservant un système économe et autonome. De plus, s’engager dans un projet national permet de communiquer et d’échanger sur nos systèmes herbagers.