DEPHY ferme PÊCHE 66 - lutte pucerons et mouche méditerranéenne
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Du groupe historique, nous avons gardé 7 exploitations arboricoles. Au total, 7 sociétés sont en Agriculture Biologique (toutes en circuit long), 1 à la fois en PFI et en AB, 2 en résidus contrôlés (fruits destinés à la transformation) et 2 strictement en PFI.
L’animation et le suivi du réseau était assuré par Marc Fratantuono, ingénieur réseau depuis la création du groupe en 2012 et a été repris par Chantal Dubourg depuis 2023.
Les 12 producteurs sont de différentes OP du département ce qui permet de rayonner et de rester en contact avec ces différentes structures.
Nous avons toutefois 4 exploitations adhérentes à l’Organisation de Producteurs « Coopérative Roussillon/Latour » spécialisée dans la mise en marché fruits et légumes issus de l’Agriculture Biologique.
Les services spécialisés des OP commercialisent vers les marchés de frais au niveau national mais aussi à l’exportation.
Deux exploitations commercialisent pour un industriel et l'ensemble des fruits est destiné à la transformation.
Cultures principales : Pêches et nectarines
Spécificités du groupe : Plus de la moitié des producteurs sont en AB
Partenariats locaux : Industriel Andros, IUT génie biologique, SICA Centrex et les sites Ecopêche 1 et 2 (Dephy Expé)
Témoignage de l'ingénieur réseau :
L'IFT hors biocontrôle étant déjà bas avec ce nouveau groupe de 2022, les travaux initiés vont se poursuivre mais aussi évoluer vers une sécurisation du rendement car les problématiques de climat et de sècheresse perdurent. Le groupe va continuer à travailler sur la baisse des IFT et sur des thèmes plus globaux comme : le choix du matériel végétal, l'amélioration des sols et de la fertilisation en AB, la préservation de la faune auxiliaire et l’évolution de la protection phytosanitaire. Nous avons la chance d'avoir un centre d'expérimentation, la Sica Centrex, dans le département qui fait un gros travail de sélection sur les variétés et les sensibilités aux maladies, virus et ravageurs.
Projet du groupe :
Dans le cadre du changement climatique, le projet du groupe évolue vers la problématique "pucerons" avec un travail spécifique sur la lutte d'automne et "la mouche méditerranéenne" qui pose de gros problèmes depuis 2 ans.
Autres actions du groupe :
Les maladies de conservation en AB posent aussi problème et il y aura éventuellement des tests avec des biocontrôles chez les producteurs.
Nous travaillons également sur un moyen de lutte physique avec un producteur qui a équipé une parcelle de pêchers avec un filet insect proof. Nous allons l'accompagner et comparer les données avec des suivis en maladies et ravageurs, climat, irrigation, fertilisation... et, si possible, faire des lâchers d'auxiliaires sous filet.
D'un autre côté, les producteurs veulent travailler sur des comparaisons de stratégies et/ou de pratiques au sein du groupe, que ce soit en phytosanitaire, fertilisation et irrigation afin d’identifier si possible, les pratiques les plus efficaces.
Un travail sur la fertilité des sols et la fertilisation organique a été initié et va se poursuivre.
Les variétés aussi vont continuer d’être suivies afin d’identifier entre autres, les variétés les moins sensibles aux maladies de conservation (pour l’AB). En effet, nous avons la chance d’avoir un grand nombre d’essais variétaux à la Sica Centrex (Torreilles, 66).
Résultats du groupe :
Les pucerons :
Les aménagements agro-écologiques (bandes fleuries, nichoirs, …) permettent de favoriser la lutte biologique par conservation. Mais certains producteurs ont encore des problématiques de foyers importants de pucerons (noirs, bruns, farineux, varians) qui pénalisent les rendements. Nous avons initié en automne 2024 un test de lutte avec des produits de biocontrôle (argile, huile) afin de toucher les adultes qui reviennent sur les pêchers à cette époque. En 2025, la pression des pucerons a été plus faible à cause des conditions climatiques plutôt défavorables comme une pluie importante à l'automne et un printemps pluvieux. Nous n'avons pas vu de différence entre les variétés défoliées et les autres et entre les différents traitements. Toutes les parcelles ont eu des foyers de pucerons mais réparties un peu partout. Les pucerons noirs sont arrivés tôt vers la mi-février. Les populations ont augmenté jusqu’à début avril et ont disparu fin avril. Les auxiliaires sont arrivés très tôt (début mars) et ont éradiqués les foyers. Ensuite, ce sont les pucerons bruns qui sont arrivés mais étant donné qu'il y avait une forte présence d'auxiliaires (syrphes et coccinelles principalement), les foyers ont été nettoyés courant de l'été. Il y a eu quelques petits foyers également de pucerons farineux et varians mais qui ne se sont pas développés et qui ont été éradiqués par les auxiliaires. En 2026, le Movento (spirotétramate) ne sera plus utilisable en conventionnel. Des essais de lutte d'automne ont été réalisés dans les stations d'expérimentation et des réunions ont eu lieu en Occitanie dans les bassins de production de pêches. Les résultats des essais montrent une certaine efficacité sur le puceron vert des huiles de paraffine et du Nori Pro en traitement d'automne précédé ou pas d'une défoliation. Nous allons donc continuer nos tests au sein du groupe Dephy avec de la défoliation, l'utilisation de l'huile de paraffine en automne et du Nori pro. Un produit appelé Afik (polysaccharides) et utilisable en AB va également être testé à l'automne chez plusieurs producteurs et peut-être aussi sur les premiers foyers de pucerons noirs.
La mouche méditerranéenne ou cératite :
La mouche méditerranéenne, jusqu'à présent bien maitrisée grâce au piégeage massif, pose des problèmes depuis 2 à 3 ans. Les hivers doux successifs lui permettent de se maintenir sur les parcelles (pupes dans le sol non détruites). Elle est présente dans tout le département et très tôt. Le piégeage massif ne suffit plus et les dégâts peuvent être importants. Nous avons testé en 2024 un répulsif à base de plantes (Larvasoil de chez Biodevas) mais n'avons pas pu voir d'effet de ce répulsif car la pression n'était pas assez importante dans la parcelle testée. Nous n'avons pas testé ce répulsif en 2025 car la pression mouche a été relativement faible cette année. D'autre part, nous pensons que les répulsifs ne suffisent pas, au vu des résultats dans les stations d'expérimentation ou dans les autres groupes ferme Dephy. Ou alors sous une forme de diffuseur avec une diffusion continue sur plusieurs semaines comme le système de la confusion sexuelle pour la tordeuse. Le piégeage massif a été relativement efficace cette année compte tenu de la pression plus faible des mouches.
Autres résultats :
Le filet insect-proof installé sur une mono-parcelle de pêchers chez un producteur du groupe, a permis d'atteindre l'objectif de lutte contre les pucerons vecteurs de la sharka. En effet, en 6 ans, il n'y a eu aucun arbre contaminé par la sharka sous filet alors qu'il y en avait 0.5% en 2024 dehors sur la même variété plantée 1 an avant et 25% cette année en 2025 (explosion des cas cette année en général dans ce secteur). Le filet a des avantages et des inconvénients que l'on continue d'observer. Le producteur (en AB) est convaincu de l'intérêt d'un tel système pour garantir sa production. L'investissement plutôt lourd (environ 40000 €/Ha) semble être rentabilisé entre 4 à 6 ans selon les prix de vente. En effet, en AB, le gain de rendement (augmentation du calibre et baisse des déchets) est rapidement valorisé quand les prix sont corrects. Le gain de rendement s'est confirmé chaque année par rapport à la même variété sans filet (par contre, plantée 1 an plus tard et pas sur le même porte-greffe). En 5ème feuille (avec 1 an de décalage), le cumul en rendement commercialisable atteignait 35.3 T/Ha dehors et 64.1 T/Ha sous filet (attention, pas même porte-greffe). Ce résultat doit être sûrement nuancé mais le gain sous filet est clairement visible en nombre de fruits et en augmentation de calibre. Sous le filet, nous avons réalisé un lâcher de syrphes le 19 mars et un lâcher de coccinelles le 21 mai pour lutter contre le pucerons. Quelques arbres ont été entièrement atteints par le puceron noir. Les auxiliaires ont permis d'éradiquer ces foyers et les pucerons ne se sont pas étendus. La question est de savoir si ce sont les syrphes apportées ou des syrphes naturellement présentes car les auxiliaires entrent tout de même sous le filet. Il est difficile de conclure sur ce sujet. On a aussi lâché des Amblyseius andersoni pour lutter contre les acariens rouges le 16 juin mais nous ne les avons pas retrouvé dans le verger et il n'y a pas eu d'attaque d'acariens cette année. Il est donc difficile de conclure sur ce lâcher également.
Un test d'engrais a aussi été réalisé chez un producteur pour lutter contre les maladies de conservation. 2 engrais de chez Timac ont été testés avec plusieurs applications (Microlith et Oceryos Beta). Des améliorations de calibre ont été observés mais aucun effet sur le monilia n'a pu être mis en évidence. Des fruits ont été prélevés (variété Corindon) et des notations de pourriture ont été réalisées en conservation. Les engrais foliaires n'ont eu aucun effet sur le monilia dans ces conditions de faible pression (3 à 5% de fruits pourris au bout de 6 jours de conservation).
En 2023, nous avons réalisé une formation sur les amendements et la fertilisation des vergers en AB lors de la plantation. Cette formation a permis d’initier un travail sur la fertilité du sol et de se rendre compte que nous ne sommes pas toujours à l’optimum en fertilisation. Nous allons continuer à travailler sur ce sujet très important du sol car même s’il n’est pas directement lié au domaine phytosanitaire, il contribue à un équilibre des arbres et donc une meilleure résilience des vergers.
Le suivi hebdomadaire de mars à fin août de 3 parcelles par producteur (1 avec variétés précoces, 1 avec variétés de saison et 1 avec variétés tardives) permet de déclencher les traitements au bon moment et par groupe de précocité. C’est une démarche essentielle dans la réduction des IFT. Nous continuons à travailler avec les producteurs pour affiner les déclenchements.
La substitution de produits chimiques par des produits de biocontrôle s’est généralisée, comme la confusion sexuelle contre la tordeuse orientale, présente dans les 10 SDC, ce qui a réduit de 4 à 5 IFT chimiques en conventionnel et a conduit à aucune intervention par pulvérisateur en AB.
On peut également citer le remplacement des Triazoles par du soufre mouillable dans le cadre de la lutte contre l’oïdium sans tolérer plus de dommages économiques, et enfin le développement du désherbage mécanique en remplacement des herbicides chimiques, ce qui a nécessité beaucoup d’efforts de la part des producteurs.
IFT :

La baisse des IFT chimiques à été favorisée par les démarches de conversion en AB en 2020. Le groupe a été renouvelé en 2022 et la plupart des producteurs sont en AB, ce qui a encore fait baisser l'IFT (hors biocontrôle). Cependant, la filière AB est en difficulté depuis 2023 et 1 producteur a déconverti une partie de ses parcelles pour des problèmes de rentabilité. L'IFT biocontrôle est stable. Malgré un printemps 2025 très pluvieux donc favorable aux maladies et surtout à la cloque, les traitements au cuivre (AB) et les fongicides ont été à peu près équivalents aux autres années car les producteurs n'ont pas pu traiter autant qu'ils l'auraient souhaité à cause d'un nombre de jours de pluie importants au printemps et également un nombre de jours avec du vent important aussi. Même s'il y a eu légèrement plus de fongicides, il y a eu moins d'insecticides car la pression pucerons et cératite a été assez faible en 2025.
AGENDA du groupe :
Jeudi 27 février 2025 : déplacement à Cabannes et Nîmes pour échanger avec les producteurs du groupe ferme DEPHY en pêche également de Christophe MOUIREN.
12/03/25 : visite des BTS du lycée agricole de Théza chez J. ROUS et Guillaume MARTY
18/3/25 : Bout de champ chez Christian Soler, thème nouvelle faucheuse à projection latérale (sur le rang)
15/05/25 : SICA Centrex démonstration d'une machine de pose de glu autour des troncs (lutte forficules)
08/09/25 : réunion technique grand public : stratégie de lutte contre les pucerons du pêcher en 2026, CA66
Le graphique ci dessus illustre l 'importance des haies, dans la gestion des ravageurs. La présence des haies facilite l'implantation de la faune auxiliaire de par là même favorise la lutte biologique par conservation. La pression des ravageurs étant moindre, elle permettent de limiter la pression insecticide et facilitent la conversion en AB
Les arboriculteurs du groupe face à la problématique des pucerons sur pêchers en agriculture biologique ont mis en évidence l 'importance de la biodiversité végétale dans les parcelles de pêchers. Une des clés est la gestion de l 'enherbement inter rang, l'objectif état d 'avoir des fleurs, le plus tôt en saison pour favoriser l 'implantation précoces des auxiliaires.
Les enherbements semés(photo ci dessous) avec différentes espèces de plantes, les haies composites, ont été les aménagements qui sont apparus comme primordiaux en couplant cela avec des roulages et des zones extensives.

Témoignage de la structure :
« Le dispositif des fermes Dephy nous semble particulièrement adapté et efficace pour consolider et diffuser les composants de l’agro écologie et de la triple performance pour cette production. Pour exister demain face à ses concurrents, la filière pêche française est condamnée à combiner performance économique, performance sociétale et performance environnementale et le réseau DEPHY participe à cette problématique. »
Eric HOSTALNOU, Responsable Service Fruits et Légumes CA 66