dephyferme

Fermes DEPHY Framboise Ardèche Haute-Loire

Petits fruits Cultures légumières
Fertilité et vie des sols
Lutte biologique via substances naturelles et microorganismes
Protection/lutte physique
Régulation biologique et biocontrôle
Année de publication 2019
  (mis à jour le 23 fév 2021)
Carte d’identité du groupe
réunion de groupe_sol et plantes bio-indicatrice
Structure de l'ingénieur réseau
Agri Bio Ardèche
Nom de l'ingénieur réseau
Fleur MOIROT
Date d'entrée dans le réseau
2016
10
Nombre d'agriculteurs dans le groupe.
Présentation du groupe

Le groupe est engagé depuis 2016 dans la réduction de l'usage des produits phytosanitaire, et se compose de 10 exploitations dont 7 bio ou en conversion. 

Système de production : culture majoritaire petits fruits (framboise, fraise, cassis , groseille) et dans la moitié des cas un atelier arboriculture en plus (châtaigne, fruit à noyaux)

Spécificités du groupe : Haute-loire et Ardèche, à plus de 650 m d'altitude, en sol acide. Ils sont tous en pleins champs et sous serre. Surface en framboise allant de 0.5 à 1.1ha.

Commercialisation : GIE Fruits Rouges du Velay (frais) et Terre Adélice (transformation/glace)

 

Cultures principales : framboise, (et autres petits fruits : myrtilles, groseilles, cassis, fraises)

Spécificités du groupe : framboise sous serre, en plein champs en altitude

Partenariats locaux : GIE Fruits Rouge du Velay

Le regard de l'ingénieur réseau :

Les agriculteurs font majoritairement partie du GIE Fruits Rouges du Velay, et se sont rapprochés par leurs pratiques actuelles (utilisation de préparation à base de plantes autant chez les agriculteurs bio que conventionnels, réduction des phytosanitaires) et l’envie d’avoir un cadre et du temps d’animation pour échanger et évoluer ensemble dans leurs expérimentations. C’est notamment le cas sur des expérimentations de nouvelles techniques pour lutter contre la Drozophila suzuki (pas de solutions de lutte actuellement).
Les IFT du groupe sont plutôt bas mais la majorité des agriculteurs souhaitent être confortés dans leurs pratiques et arriver à zéro phyto (hors produits de bio contrôle) en framboise, tout en étant sûrs de conserver une production en quantité et qualité.  C’est pour cela qu’en parallèle de l’accompagnement sur les pratiques, un suivi est réalisé sur les coûts de revient.

Productions du groupe
Projet collectif et résultats du groupe

Des plantes « vivantes » et un environnement diversifié pour gérer mes IFT 
Principales thématiques du projet collectif :

1. Les préparations à base de plantes notamment pour fortifier la plante soit directement, soit à travers le sol.

2. La biodiversité, pour favoriser notamment la régulation naturelle des ravageurs

 

Autres thématiques travaillées par le groupe et pistes innovantes explorées

1. La sol (mieux le comprendre et l'améliorer) et les différents types de paillage (BRF, laine de mouton…)

2. Calcul du coût de revient (temps de travail, commercialisation, charges…) de l’atelier framboise et fraise. 

 


Résultats du groupe 

Plusieurs expérimentations et suivis ont été menés par tout ou partie du groupe

1. Mieux comprendre, caractériser et améliorer son sol : une expérimentation sur la Litière Forestière Fermenté en partenariat avec terre et humanisme et le FIBL est en cours depuis 2019. Un suivi du nombres de cannes, du rendement et un relevé des plantes bio-indicatrices permet de suivre l'expérimentation. Il n'y a pas encore de résultat publié actuellement, l'expérimentation est en cours.

2. Trouver des stratégies pour réguler les principaux ravageurs : utilisation de PNPP, de barrières physiques, ou de la régulation biologique.

 

* Anthonomes :

Les essais : soufre dans des bouteilles en répulsif, infusion de tanaisie, Huile essentielle d’Origan compact et Citronnelle de Java, Mise en place d’Anthemis des teinturiers pour les attirer, et les ramasser !

Suivi : temps passés par les producteurs et évaluation des dégâts en comptant le nombre de boutons tombés au sol

Zoom sur la technique du ramassage (faite par 2 producteurs) : 2 fois 30 min par jour lors du pic de pression (Rappel : le pic de pression des anthonomes dure environ 10 jours).

Penser aussi à ramasser les boutons tombés pour limiter les populations à venir (car les œufs se trouvent dans les boutons). Le producteur qui le pratique depuis 10 ans n’est plus embêté depuis 2/3 ans avec l’anthonome.

 

* Byturus :

Les essais : mise en place de piège à phéromone, traitement aux huiles essentielles (4 mélanges possibles à base d’Origan Compact, Citronnelle de Java, Carum Carvi, Géranium d’Egypte, Menthe Poivrée) et/ou d’une macération huileuse d’ail.

Zoom sur la technique du filet : Mise en place d’un filet insect-proof aux entrées des tunnels (avec des clips) en laissant le haut ouvert pour les pollinisateurs. Les barrières physiques dérangent le byturus et il ne cherche pas à rentrer même par les côtés.  Selon les comptages du producteur ayant mis en place cette technique, il y a 10 fois moins de byturus à l’intérieur des tunnels que dehors. En termes de dégâts sur fruit, on trouve en moyenne 1 fruit infesté sur 500. Inconvénient : il ne faut pas avoir à passer dans les tunnels dans cette période.

 

* Drosophile suzukii :

6 essais mis en place :

Effet masquant (la parcelle n’est plus détectable par la drosophile) : Pulvérisation de larvasoil (liquide) au sein et autour des parcelles, Diffuseurs « fait maison » de larvasoil (en billes) qui encadrent la parcelle, disposition de soufre (sous forme cosavet et fluidosoufre) sur les bâches des rangs extérieurs

Effet repulsif : aspersion des filets alt’droso avec du larvasoil et des huiles essentielles (Genévrier nains des montagnes et Cannelle de Ceylan), diffuseurs mécaniques d’huiles essentielles (Genévrier nain des montagnes et Cannelle de Ceylan)

Lutte biologique : lâchers de Trichopria drosophilae (parasite de la D. commune et suzukii) et mise en place d’augmentoriums pour favoriser le développement du parasite

Lutte mécanique : filet Anti-Insecte Alt'Droso

Zoom sur le larvasoil : produit à base de plantes qui contient notamment de l’ail, du sureau, de la citronnelle, de la lavande, du thym et du romarin (mais pas que). Il agit comme MASQUANT et non répulsif. Le but est de masquer la parcelle au niveau des odeurs pour les ravageurs. Ce n’est pas un moyen de lutte une fois que la drosophile est installée mais cela peut déranger les prochaines générations. Les meilleurs résultats ont eu lieu chez des producteurs qui ont entourés leurs parcelles de Larvasoil et qui ont ensuite pulvérisé le produit de manière fréquente (tous les 3 jours) en complément d’autres pratiques (Huile essentielle, tanaisie, et surtout prophylaxie !). Chez certains qui l’ont pulvérisé tous les 10 jours mais sans autres pratiques complémentaires (autre que prophylaxie) il n’y a pas eu d’effet. D’autres essais réalisés l‘année prochaine nous aideront peut-être à trancher sur son efficacité et sa mise en œuvre.

3. Réduire les phytosanitaires :  il y a trois agriculteurs du groupe qui ont commencé leur conversion à la bio depuis 2017. 

Témoignage de la structure :

Agri Bio Ardèche a déjà des missions d’accompagnement de producteurs dans le cadre de conversion à la bio, mais aussi plusieurs groupes d’échanges sur des thématiques techniques (variétés rustiques, …) ou d’organisation de filière. Nous  travaillons également sur  des programmes sur la gestion quantitative et qualitative de l’eau.

Dans ce contexte, il nous paraissait intéressant, d’autant que l’initiative venait des producteurs, de déposer et d’animer un groupe ferme  DEPHY.

Autres infos
Suivez-nous sur
Contact
Fleur MOIROT
Fleur MOIROT
Ingénieur réseau - Agri Bio Ardèche
07 85 03 50 01