Evaluer les stratégies de protection mises en œuvre pour améliorer son système
Approche PIC "Evaluer les stratégies de protection mises en œuvre pour améliorer son système"
Le principe 8 de la directive 2009/128 précise que : "Sur la base des relevés concernant l’utilisation des pesticides et de la surveillance des organismes nuisibles, l’utilisateur professionnel devrait vérifier le taux de réussite des mesures phytopharmaceutiques appliquées".
Plus largement, l’agriculteur devrait vérifier le taux de réussite de l’ensemble de sa stratégie de protection des cultures. De même, il convient que les structures de conseil agréées dressent en fin de campagne un bilan des préconisations fournies à leurs adhérents, conformément aux référentiels (cf. article "Agrément des entreprises" ci-dessous).
Il est en effet important pour chaque culture ou système de cultures de réaliser un bilan en fin de saison, qui tienne compte :
de la pression parasitaire de l’année, connue par le biais de la surveillance des bio-agresseurs ;
des méthodes de lutte préventives mises en œuvre ;
des méthodes de lutte curatives engagées ;
des éventuels incidents ou imprévus survenus en cours de campagne.
Il permettra de juger de l’efficacité de la combinaison de méthodes mais également des solutions mises en œuvre pour le rattrapage en cours de saison. Celui-ci doit permettre de dégager des pistes de réflexion pour les années à venir tout en prenant garde de ne pas systématiser des schémas de protection qui n’auraient pas la même efficacité dans un contexte climatique et parasitaire différent.
Ces bilans doivent prendre forme de compte-rendu et de tableaux de suivi des cultures. L’ensemble de ces documents doit être un aide-mémoire des itinéraires techniques développés et de leur efficience. Pour l’agriculteur, le bilan peut prendre la forme d’un registre phytosanitaire. Pour les conseillers, le bilan annuel est une synthèse générale des activités des conseils que l’entreprise a délivrés durant l’année à l’ensemble de ses clients et les principales cultures qui ont été concernées parles préconisations.
Ce bilan s'appuie également sur une évaluation multicritère (voir ci-dessous) prenant en compte les approches de durabilité environnementale, sociale et économique.
Agrowise propose une taxonomie de la lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) en anglais, reposant sur les 8 principes IPM définis dans la DIRECTIVE 2009/128/CE du Parlement européen et du Conseil.
À partir de ces 8 principes, les acteurs du projet ont classé les pratiques IPM en les décrivant selon 4 niveaux hiérarchiques.
Nous vous proposons ainsi la classification retenue concernant le principe 8, traduite en français par nos soins.
La taxonomie complète est consultable en suivant le lien ci-contre.
Titre
Taxonomie Agrowise
Agrowise propose une taxonomie de la protection intégrée des cultures (IPM en anglais) reposant sur les 8 principes IPM définis dans la DIRECTIVE 2009/128/CE du Parlement européen et du Conseil.
À partir de ces 8 principes, les acteurs du projet ont classé les pratiques PIC en les décrivant selon 4 niveaux hiérarchiques.
Sur la base des registres relatifs à l'utilisation des pesticides et à la surveillance des organismes nuisibles, l'utilisateur professionnel doit vérifier l'efficacité des mesures phytosanitaires mises en œuvre.
Pratique consistant à tenir des registres détaillés et précis des activités de lutte antiparasitaire, y compris les applications de pesticides, les dates, les doses et les conditions environnementales. La tenue de registres facilite le suivi efficace, la conformité et la prise de décisions futures.
Tenue de registres détaillés des activités
Tenir des registres complets de toutes les activités de lutte antiparasitaire, y compris l'application de pesticides, les lâchers de moyens de lutte biologique et les données de surveillance. Fournit un historique clair des interventions, ce qui aide à évaluer l'efficacité des différentes stratégies et à se conformer aux normes légales.
• Documentation relative à l'application de pesticides : tenue de registres détaillés sur les types de pesticides, les quantités, les dates d'application et les zones ciblées.
• Documentation relative à l'application d'engrais
• Documentation relative à l'application de fongicides
• Documentation relative à la mise en œuvre de mesures de lutte intégrée contre les bioagresseurs
Tenue des registres de surveillance des bioagresseurs
Documentation des populations de bioagresseurs et des seuils observés au fil du temps. Permet d'analyser les tendances, ce qui facilite la prise de décisions éclairées en temps opportun afin de prévenir les infestations tout en évitant l'utilisation inutile de pesticides.
• Registres de surveillance à la ferme
Pratique consistant à utiliser des systèmes et des processus pour documenter et communiquer les activités, les résultats et les observations en matière de lutte antiparasitaire.
Les systèmes de rapport facilitent le partage d'informations, le respect des réglementations et l'amélioration continue des pratiques de lutte antiparasitaire.
Utiliser un format de rapport standardisé
Using a uniform template or system for reporting IPM activities and outcomes. Ensures clarity, consistency, and easy interpretation of data for all stakeholders, enabling more informed decisions
Utilisation d'un modèle ou d'un système uniforme pour rendre compte des activités et des résultats de la PIC. Garantit la clarté, la cohérence et la facilité d'interprétation des données pour toutes les parties prenantes, permettant ainsi de prendre des décisions plus éclairées.
• Rapports standardisés dans toutes les régions/tous les pays
Utiliser des systèmes de reporting numériques
Utilisation de plateformes numériques, d'applications mobiles ou de logiciels pour saisir et suivre en temps réel les données relatives à la lutte antiparasitaire. Simplifie la collecte et le partage des données, permettant des ajustements en temps réel et améliorant la réactivité face aux pressions parasitaires.
• Utilisation interne des données à la ferme
Rapports d'évaluation des risques
Résume les risques identifiés grâce à la surveillance, tels que les épidémies potentielles de ravageurs ou la résistance aux pesticides.
Permet aux parties prenantes de comprendre les risques actuels et futurs, ce qui facilite l'élaboration de plans de gestion proactifs.
• Rapports sur les ravageurs et les maladies
Plateformes de partage de données
Pratique consistant à utiliser des plateformes et des outils numériques pour partager des données sur la lutte antiparasitaire entre les parties prenantes, notamment les agriculteurs, les chercheurs et les services de conseil. Le partage des données renforce la collaboration, améliore la prise de décision et soutient les efforts plus larges en matière de lutte antiparasitaire.
Évaluation stratégique des résultats et de l'efficacité des pratiques de lutte antiparasitaire sur la santé des cultures, les populations de ravageurs, les conditions sociétales et environnementales. Cela implique d'analyser l'efficacité des mesures de lutte antiparasitaire, de mesurer l'évolution de l'incidence des ravageurs, d'évaluer les retombées économiques et d'évaluer les impacts environnementaux ou sociétaux.
L'évaluation d'impact permet de déterminer le succès des stratégies de lutte antiparasitaire durable mises en œuvre.
Pratique consistant à évaluer l'efficacité des pratiques et des traitements de lutte antiparasitaire. L'évaluation de l'efficacité consiste à analyser les résultats, à les comparer aux objectifs et à apporter des ajustements afin d'améliorer les futures stratégies de lutte antiparasitaire.
Mesure de la performance
L'évaluation de l'efficacité permet de déterminer si l'approche choisie pour lutter contre les bioagresseurs donne les résultats escomptés. Elle garantit que la stratégie réduit efficacement les populations de ravageurs et protège les cultures.
Pratique consistant à évaluer les impacts environnementaux des méthodes de lutte antiparasitaire. Cela comprend l'évaluation des effets sur les organismes non ciblés, la santé des sols, la qualité de l'eau et l'équilibre global de l'écosystème afin de garantir une lutte antiparasitaire durable et responsable.
Évaluer la durabilité environnementale à long terme
La durabilité globale des pratiques de lutte antiparasitaire en termes d'impact à long terme sur l'environnement. Il est essentiel d'évaluer les pratiques afin de déterminer leur capacité à préserver la santé et la résilience de l'environnement au fil du temps.
Évaluer l'impact sur la biodiversité
Les effets des pratiques de lutte antiparasitaire sur la diversité et l'abondance des espèces végétales et animales dans l'environnement.
Les évaluations doivent déterminer si ces pratiques contribuent à préserver la biodiversité ou si elles ont un impact négatif sur celle-ci, y compris sur les espèces non ciblées et les organismes utiles.
Évaluer la santé et la structure du sol
L'impact des pratiques de lutte antiparasitaire sur les propriétés du sol, notamment sa santé, sa structure et sa fertilité.
Les pratiques qui ont une incidence sur l'érosion du sol, sa teneur en nutriments ou ses communautés microbiennes doivent être évaluées afin de déterminer leurs effets à long terme sur la qualité du sol.
Évaluer les services écosystémiques
Les effets des pratiques de lutte antiparasitaire sur les services écosystémiques tels que la pollinisation, la lutte naturelle contre les bioagresseurs et le cycle des nutriments.
Les pratiques doivent être évaluées en fonction de leur impact sur ces services essentiels qui soutiennent la productivité agricole et la santé environnementale.
Évaluer la qualité de l'eau
Les effets potentiels des pratiques de lutte antiparasitaire sur les ressources en eau, y compris les eaux de surface et les eaux souterraines.
Cela comprend l'évaluation des risques liés au ruissellement des pesticides, à la contamination et aux impacts sur les écosystèmes aquatiques.
Pratique consistant à évaluer les implications sociales des pratiques de lutte antiparasitaire, notamment leurs répercussions sur la santé humaine, le bien-être communautaire et la perception du public. L'évaluation sociale permet de s'assurer que les stratégies de lutte antiparasitaire tiennent compte des considérations sociales et éthiques.
Équité et accès
L'accessibilité et le caractère abordable des pratiques de lutte antiparasitaire pour différents segments de la société, y compris les petits exploitants agricoles et les agriculteurs disposant de ressources limitées.
Garantir un accès équitable et remédier aux disparités peut avoir un impact sur l'acceptation par la société et la mise en œuvre.
Valeurs culturelles et sociales
L'alignement des pratiques de lutte antiparasitaire sur les valeurs ou pratiques culturelles et sociales.
Le respect et l'intégration des connaissances, traditions et pratiques locales peuvent améliorer l'acceptation sociale et l'efficacité.
Éducation et sensibilisation (par exemple, tables rondes d'agriculteurs)
The availability of education and training for farmers and communities about IPM practices and their benefits. Increasing awareness and knowledge can lead to better adoption and more positive societal outcomes.
La disponibilité de formations pour les agriculteurs et les communautés sur les pratiques de lutte intégrée contre les ravageurs et leurs avantages. Une sensibilisation et une connaissance accrues peuvent conduire à une meilleure adoption et à des résultats sociétaux plus positifs.
Pratique consistant à évaluer les résultats économiques des pratiques de lutte antiparasitaire, notamment leur rentabilité, leur retour sur investissement et leurs répercussions financières sur les exploitations agricoles.
L'évaluation économique aide à optimiser l'utilisation des ressources et à soutenir financièrement les exploitations agricoles.
Évaluer les coûts de main-d'œuvre et l'expertise
Le coût et la disponibilité de main-d'œuvre qualifiée pour mettre en œuvre et gérer les pratiques de lutte intégrée peuvent avoir une incidence sur les évaluations économiques.
Les méthodes de lutte intégrée plus sophistiquées peuvent nécessiter des connaissances et une formation spécialisées.
Disponibilité des subventions et aides
Le soutien financier, les subventions ou les aides à la mise en œuvre de certaines pratiques de protection intégrée peuvent avoir une incidence sur la faisabilité économique.
La disponibilité d'un tel soutien peut rendre plus viables des pratiques qui seraient autrement coûteuses.
Impact environnemental et réglementation
Les réglementations environnementales et les coûts potentiels liés à leur respect (par exemple, pour la réduction de l'utilisation des pesticides ou les certifications de durabilité) peuvent avoir une incidence sur l'évaluation économique. Les pratiques qui réduisent l'impact environnemental peuvent également offrir des incitations financières ou des subventions.
Évaluer les coûts à long terme par rapport aux coûts à court terme
Certaines pratiques de protection intégrée peuvent entraîner des coûts initiaux plus élevés, mais offrent des avantages à long terme, tels que la réduction de l'utilisation de pesticides ou l'amélioration de la santé des sols. Il est essentiel d'évaluer les coûts et les avantages à court et à long terme pour obtenir une évaluation économique complète.
• Évaluation des coûts liés à la mise en œuvre de la PIC dans les exploitations agricoles
Prix du marché et conjoncture économique
Les fluctuations des prix du marché des cultures et les changements dans les conditions économiques peuvent avoir une incidence sur la rentabilité des pratiques de lutte antiparasitaire.
Les évaluations doivent tenir compte des conditions actuelles et prévues du marché afin d'évaluer la faisabilité économique des différentes stratégies.
Valeur et rendement des cultures
La valeur économique de la culture protégée et la perte potentielle de rendement due aux bioagresseurs sont des facteurs essentiels. Les cultures à plus forte valeur ajoutée ou celles qui présentent un potentiel de rendement plus élevé peuvent justifier un investissement plus important dans la lutte contre les bioagresseurs afin de protéger les rendements économiques.
• Évaluation du marché des cultures et de la qualité des récoltes
Coût des mesures de contrôle
Le coût des différentes méthodes de lutte antiparasitaire, notamment les pesticides, les moyens de lutte biologique et les pratiques culturales, influe sur l'évaluation économique globale. Cela comprend les coûts directs (p. ex. achat de produits chimiques, main-d'œuvre) et les coûts indirects (p. ex. perturbation potentielle d'autres activités agricoles).
• Coût de mise en œuvre de la protection intégrée dans les exploitations agricoles


