Stimulation des défenses naturelles des végétaux cultivés

Arboriculture
Cultures légumières
Cultures tropicales
Grandes cultures / Polyculture-élevage
Horticulture – PPAM
Vigne
Année de publication 2017
  (mis à jour le 10 avr 2020)
Source :  EcophytoPIC
Réferences : 
Levier PIC "Produits de biocontrôle"

Les végétaux possèdent à l’état latent des mécanismes de défenses naturelles qui vont être activés suite à la détection d’une agression.

Le processus de mise en œuvre des défenses au sein d’une plante se déroule en 3 phases :

1. la détection de l’agression, qui repose sur la reconnaissance de composés produits soit par des bio-agresseurs (ex : enzymes de dégradation des parois des cellules végétales), soit par la plante elle-même suite à l’attaque de bio-agresseurs (ex : éléments de la dégradation des parois des cellules végétales) ;

2. l’émission en cascade de molécules d’alerte, qui vont assurer la transmission de signaux dans toute la plante et la conduire à mobiliser ses moyens de défense ;

3. la mise en place des défenses en tant que telles (renforcement des barrières physiques, production d’antibiotiques, etc.), localisées au point d’infection dans un premier temps (confinement/destruction du pathogène) puis élargie aux parties non atteintes dans un second temps. La plante va alors se trouver dans un état de résistance lui permettant d’être plus performante lors d’attaques ultérieures de bio-agresseurs de nature diverse (champignon, virus, bactéries, insectes, etc.) ou même face à des stress environnementaux (stress hydrique, thermique, etc.). Cet état de résistance systémique et non spécifique peut durer de quelques jours à quelques semaines.

La stimulation des défenses naturelles des végétaux cultivés consiste, selon un principe qui rappelle celui de la vaccination, à activer le système de défense des cultures de sorte qu’elles se trouvent en état de résistance au moment d’une éventuelle agression. Les molécules qui induisent cette résistance sont appelées « éliciteurs » ou « stimulateurs des défenses naturelles des plantes » (« SDN » ou « SDP »). Ce sont des molécules qui sont reconnues par les plantes soit comme le signal initial d’une agression (cf. étape 1), soit comme des signaux d’alerte intervenant dans la cascade de signalisation (cf. étape 2).

Les SDP peuvent être d’origine naturelle ou de synthèse, mais sont soumis dans les deux cas à la règlementation en vigueur concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques (Règlement CE n°1107/2009). Selon leurs natures, certains restent dans le champ du biocontrôle (micro-organisme, substances naturelles) ; d’autres non. Il faut d’ailleurs signaler la présence sur le marché d’un certain nombre de produits revendiquant une action de stimulation des défenses des plantes mais ne possédant pas d’homologation pour cet usage (de tels produits sont souvent homologués en tant que matières fertilisantes), si bien que leur efficacité n’est pas garantie et que leur usage comme produit phytosanitaire n’est pas autorisé.

En pratique, les traitements à l’aide de SDP doivent être positionnés en préventif et renouvelés car leur persistance d’action est limitée. Il arrive de plus que les plantes ne soient pas réceptives au moment du traitement (notamment si elles sont soumises à des stress abiotiques). Au-delà d’une certaine pression parasitaire, un traitement chimique d’appoint est recommandé (en mélange ou dissocié).

Site Elicitra
Autres ressources Elicitra

Le RMT Elicitra produit différents guides et tableaux mis en ligne dans la partie "Livrables du RMT" : 

  • tableau des nuisibilités qui liste et priorise, par filière végétale, les couples plante-pathogène pour lesquels la solution SDP est pressentie comme porteuse d’espoir 
  • tableau de synthèse des essais d’efficacité 
  • guide méthodologique d’évaluation des SDP