Les Légumes d'Industrie, une filière en transformation

Cultures légumières
Grandes cultures / Polyculture-élevage
Légumes d'industrie
Année de publication 2022
  (mis à jour le 12 déc 2022)
Source :  EcophytoPIC
Auteur :  L.PONNET
Réferences : 
Dossier filière UNILET - Décembre 2022

Selon l'UNILET, la filière des légumes d'industrie concerne 4500 agriculteurs en France. Cette catégorie de filière est représentée par deux cultures majoritaires : pois et haricot verts (80% des surfaces); mais on peut également retrouver les flageolets, carottes, salsifis, épinards, céleris, brocolis, chou, etc…

Répartition
Source Site UNILET (2020)

Les cultures de légumes d'industrie présentes des contraintes spécifiques du fait de la finalité de ces légumes. Par exemple, une traçabilité optimale est nécessaire pour chacune des récoltes livrées ; un agriculteur doit tenir à jour une fiche d’identité, où figurent son identification, la parcelle cultivée, les semences sélectionnées ainsi que les dates de semis et d’irrigation. Ainsi, la protection intégrée des cultures en légumes industriels se distingue des cultures légumières classiques. Ce dossier présente la filière et ses acteurs, les principaux bioagresseurs des légumes d'industries et les travaux de recherche actuels dans ce domaines associés aux leviers et méthodes de lutte qui peuvent être mis en place.

Une filière à part entière

La filière Légumes d'industrie est associée à la filière Grandes Cultures car ses cultures se retrouvent en rotation avec les grandes cultures en général. Quelques chiffres clés (source UNILET) : L’ensemble de la filière représente 1/3 des surfaces de légumes cultivés en France. Elle génère 10 000 emplois directs et des milliers d’emplois indirects. Elle propose chaque année environ 760 millions de boîtes et bocaux et 520 millions de sachets de 1 kg de surgelés sur le marché. La production, 100 % de saison et en plein champ, est transformée rapidement et localement. Les principaux acteurs de la filière sont (plus de détails ci-contre)

  • UNILET : Union Nationale Interprofessionnelle des légumes transformés, regroupe les organisations professionnelles nationales de la production et de la première transformation du secteur français des légumes en conserve et surgelés.
  • ARVALIS : Institut Technique Agricole en Grandes Cultures, cet institut de recherche appliquée est en charge de la culture de pommes de terre.
  • GIS PIClég : Groupement d’Intérêt Scientifique pour la Production Intégrée en Cultures légumières. Né en 2007 sous le parrainage du Ministère de l'agriculture, à l’initiative des Producteurs de Légumes de France, de l'Inra et du Ctifl, ce groupement a pour ambition de mobiliser l’ensemble des acteurs de la recherche et du développement pour proposer aux producteurs de légumes des systèmes de cultures respectueux de l’environnement et économiquement performants.
repartition cultures_ dossier unilet
Carte répartition légumes industrie

Carte répartition légumes industrie (Source: UNILET)

On retrouve des légumes d'industrie partout en France, mais 3 régions sortent du lot :

  • Les Hauts-de France : région leader en 2020 où les légumes "de conserverie" cultivés représentent 49% des superficies françaises, avec en majorité des choux de Bruxelles, des salsifis et des petits pois. 
  • La Bretagne regroupe 32% des surfaces françaises de légumes d'industrie, avec environ 11 500 ha dédiés, et en majorité des pois, haricots, épinards, flageolets, carottes et céleris (dans l'ordre décroissant d'hectares dédiés).
  • En Nouvelle-Aquitaine, les légumes d'industrie sont représentés par le maïs doux (92% des surfaces françaises), le haricot (35%), la carotte (32%), l'asperge (31%) et la tomate d'industrie (22%)

Selon UNILET : "Les dernières campagnes sont marquées par des surfaces en augmentation et des volumes récoltés en diminution. En 2020, la tendance se poursuit avec des performances nettement en recul." La Protection Intégrée des cultures est un sujet primordial dans ce contexte. Vous pouvez retrouver les Bulletins de Santé du Végétal concernant les légumes d’industrie ci-contre.

principaux bioagresseurs - dossier unilet

Focus sur trois ravageurs majeurs

  • La sclérotinia : il s'agit d'un champignon qui peut se maintenir dans le sol plusieurs années. Retrouvé sur le pois, le lupin, le haricot et le flageolet, il est présent essentiellement dans les Hauts de France, le Centre Val de Loire et la Bretagne.
  • La mouche des semis : Diptère et très polyphage, ses asticots consomment l'intérieur des graines. Retrouvée sur le haricot, le flageolet et l'épinard, il est présent essentiellement dans les Hauts de France, le Centre Val de Loire et la Bretagne.
  • Le puceron vert du pois : cet hémiptère est le principal vecteur de plusieurs viroses comme le virus mosaïque-énation du pois. Retrouvé sur le pois, culture majoritaire dans toute la France en légumes d'industrie.

La diversité des légumes cultivés et des régions concernées impliquent un nombre conséquent de bioagresseurs : on identifie en 2019 (selon UNILET) 153 maladies, ravageurs ou adventices (distinctes) sur les cultures légumières destinées à l'industrie. Les bioagresseurs les plus fréquents sont : les pucerons, la sclérotinia, le mildiou, les adventices et les Pythiacées.

R&D - dossier unilet

La protection intégrée des cultures en Légumes d'Industrie fait l'objet de différents travaux de R&D, visant à répondre aux enjeux propres à cette filière : qualité des produits, respect des cahiers de charges, performances environnementales, rentabilité des exploitations et exigences sociales. Le GIS PICLég contribue notamment au travers de différents projets ciblés sur 2 thématiques principales :

  1. Approfondir les connaissances et concevoir des systèmes de culture à bas niveaux d’intrants à l’échelle de la parcelle.
  2. Développer de nouvelles actions autour de la diversification et de l’organisation des systèmes à l’échelle des exploitations agricoles, des territoires et des filières légumières

Par ailleurs, on recense deux groupes d'agriculteurs DEPHY FERME travaillant sur cette filière, un projet financé dans le cadre d'Interrég, ainsi que 3 stations expérimentales UNILET dédiées.

GROUPES D'AGRICULTEURS DEPHY FERME

Objectif : Réduire l’utilisation des produits phytosanitaires dans des systèmes de cultures industriels assujettis à des cahiers des charges, tout en maintenant la rentabilité économique de ces exploitations

Cultures principales : Blé, Pommes de terre, Betterave, Légumes de plein champs.

Spécificités du groupe : Bas-volume, Production intégrée

Structure de l'ingénieur réseau : Chambre d'agriculture de la Somme

"Il manque encore des références en protection intégrée des cultures de légumes d’industrie." Baptiste Compère ingénieur à la Chambre d’agriculture de la Somme, Aizecourt-le-Haut, DEPHY FERME 3.0

Thématiques

  • Gestion des intercultures et techniques de destruction des couverts en intégrant le risque sclérotinia (destruction mécanique, biofumigation)
  • Optimisation et raisonnement des traitements (choix et réglage du matériel, OAD, biocontrôle...)
  • Désherbage mécanique, désherbage "numérique"
  • Valoriser les systèmes économes développés dans le groupe et diffuser les pratiques.

Cultures principales : Légumes industrie (haricots, pois, flageolets, épinards...)

Spécificités du groupe : Réduction de l'IFT en légumes industrie

Partenaires locaux : GIEE RIVAPLI, UNILET, Bassin versant du Blavet, Grand Bassin de l'Oust

"Il montre qu’il n’y a pas de recette miracle, mais une combinaison de leviers possibles à adapter selon les caractéristiques de son exploitation et ses affinités." A.KERGOZIEN (Eureden) à propos de S.Hascoet producteur de légumes (Fiche trajectoire DEPHY).

PROJET INTERREG - ECOPAD

La voie vers l’agro-écologie : plateforme de collaboration transfrontalière pour le maraîchage et les légumes d’industrie

Le projet ECOPAD est porté par des structures d'expérimentations légumière de Belgique et du nord de la France avec 7 partenaires associés dont la FREDON Hauts de France > consulter la page dédiée au projet ci-contre. L'objectif est de gagner en efficacité et d'améliorer la protection des cultures avec un travail particulier sur l'alternariose de la carotte.

Objectifs :

  • Méthodes de prévention : développer de nouvelles références et des techniques innovantes sur l'intercropping, la gestion des déchets, évaluer l'intérêt d'espèces végétales introduites dans les espaces agricoles pour favoriser la biodiversité, identifier les tolérances/résistances variétales.
  • Outils d'aide à la décision : développer des méthodes de détection des ravageurs et valider des modèles de prévision des risques.
  • Outils de lutte directe : identifier et évaluer des méthodes de lutte physique, des substances naturelles et des agents biologiques.

PROJETS PIC d'UNILET

UNILET dispose de 3 stations régionales afin d'y conduire des activités d'expérimentation, de recherche et développement : Bretagne / Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine et Hauts-de-France / Centre Val de Loire. > Lien vers les programmes

Les différents objectifs de ces stations sont : 
    - Inscrire le légume destiné à la conserve et aux surgelés dans une dynamique durable en développant des leviers de gestion agro-écologique des bio-agresseurs alternatifs à l’usage des produits de protection de synthèse
    - Accompagner la montée en gamme des productions
    - Valoriser les Pratiques de la filière

On peut retrouver dans le premier volet, des programmes permettant de tester de nouvelles méthodes de désherbage, de gérer les adventices toxiques, d'utiliser les leviers existants contre les maladies et ravageurs, d'expérimenter des systèmes de culture…
 

Vous pouvez accéder (ci-contre) à une synthèse des travaux UNILET 2009-2020 dans le cadre d'essais de produits de biocontrôle sur les légumes d'industrie (Haricot, Pois, Carotte et Epinard).

Titre
Biocontrôle en légumes d'industrie

Résumé

Des attentes fortes mais des avancées timides

Bilan des travaux UNILET 2009 - 2020 et usages sur légumes destinés à l’industrie

Image
synthèse unilet
Télécharger la synthèse (pdf)

Votre ressenti sur la protection intégrée en légumes ?

"Les références sont limitées, on est au stade de la recherche, pas de la vulgarisation, c’est pourquoi ni l’agriculteur ni l’industriel ne souhaitent prendre de risque."

Henri Poupart, agriculteur dans la Somme, 2009 projet "Production intégrée de légumes industriels de plein champ".